La Marche-Monde

Myrrha l’archiviste

Myrrha conserve les curiosités rapportées de ses traversées entre les mondes.

Myrrha l’archiviste

Je suis Myrrha, archiviste et collectionneuse du Myrrharium. Je m’occupe du Cabinet, de ses salles bien rangées, de ses objets parfois moins coopératifs, ainsi que de toutes les histoires qui arrivent jusqu’ici. Je suis aussi ce qu’on appelle une Marche-Monde : je sais trouver les portes, les portails, et tout ce qui mène vers « ailleurs ». Certaines mènent vers des univers parallèles, d’autres vers des mondes cachés ; parfois, il faut les chercher longtemps, tandis que d’autres fois, elles apparaissent sans prévenir. Et je peux vous dire que parfois, il vaut mieux ne pas les ouvrir seule.

C’est ainsi que je voyage, que je rencontre des gens, que je découvre des lieux et que je rapporte toutes sortes de choses au Myrrharium. Des voyageurs viennent aussi me confier une curiosité. J’aime alors qu’ils m’en racontent l’histoire : d’où elle vient, qui l’avait avant, pourquoi ils s’en séparent. Une collection mérite de sortir des caisses et d’être découverte, avec un peu de prudence et par les bonnes personnes.

Certains objets sont parfaitement tranquilles, d’autres ont mauvais caractère. Il faut dire que j’aime les choses étranges, même celles qui font peur à beaucoup de monde. Je trouve parfois certaines d’entre elles tout à fait mignonnes, ce qui explique sans doute quelques regards inquiets lorsque je les montre.

Brume

Brume m’accompagne depuis que je l’ai trouvée dans un autre monde. Ou plutôt, depuis qu’elle m’a regardée, m’a suivie, puis a décidé que j’étais à elle. Elle surveille les visiteurs, grogne sur les voleurs et connaît des passages que je préfère éviter seule, y compris certains qui mènent vers les mondes des morts. Elle a son avis sur les gens, je vous conseille donc de la laisser faire connaissance à son rythme.

Elle est aussi très espiègle. Il arrive qu’une lueur de moquerie passe dans ses yeux juste après une bêtise, comme si elle attendait de voir ce que je vais faire. Si votre sandwich disparaît, ne comptez pas trop sur elle pour vous aider à le retrouver.

Le bureau

Les salles du Myrrharium sont rangées avec soin. Mon bureau, lui, c’est une autre histoire : les livres s’y empilent, les cartes roulées attendent dans les coins, les carnets restent ouverts, les feuilles se couvrent de notes et il y a toujours de quoi écrire, dessiner, classer ou recommencer. On y trouve aussi des tasses, parfois de quoi manger, et quelques objets que je devais identifier il y a plusieurs jours. Ou semaines. Je ne les ai pas oubliés, je les observe.

C’est ici que je cherche, que j’écris et que je prépare les Carnets. Brume a réquisitionné le grand canapé, couvert de coussins et de couvertures. Elle y range sa propre collection : choses trouvées, choses empruntées sans autorisation, petits trésors que je n’ai pas toujours envie d’examiner de trop près. Si elle vous invite à vous asseoir, regardez avant où vous mettez les mains.

Les Carnets

Certaines choses ne tiennent pas sur une étiquette de musée, alors je les écris dans les Carnets. J’y parle de curiosités qui pourraient trouver leur place dans une partie, de légendes, de fantômes, de croyances locales et de récits entendus au fil de mes voyages. J’y garde aussi les œuvres qui me suivent longtemps : les séries, les livres ou les jeux qui donnent envie de noter une idée avant qu’elle ne s’enfuie.

Les Carnets ouvrent aussi les coulisses des scénarios du Cabinet : leurs inspirations, les recherches qui les ont nourris, les détails auxquels je tiens, ceux que vous pouvez garder ou laisser de côté. Si l’un d’eux vous appelle, prenez un coussin, installez-vous près de Brume et ouvrez-le doucement. Je vous le confie, à vous et seulement à vous.

Ouvrir les Carnets de Myrrha

Derrière Myrrha

Derrière Myrrha, il y a une grande passionnée des mondes de l’imaginaire : les jeux vidéo, les jeux de rôle et la création sous toutes ses formes. Écrire, imaginer, fabriquer un document pour des joueurs, chercher une légende, dessiner quelque chose ou passer beaucoup trop de temps sur un détail qui ne sera peut-être aperçu que quelques secondes, tout cela me plaît.

Je crois que cela vient en partie de chez moi. Mon père m’a fait découvrir le jeu de rôle très tôt. Il aimait la science-fiction, les vieux jeux de stratégie et La Quatrième Dimension. Ma mère regardait V, lisait Abraham Merritt et adorait Lovecraft. J’ai grandi avec tout cela autour de moi. Je me rappelle encore des illustrations d’un vieux jeu inspiré de Lovecraft qui avaient attiré mon attention bien avant, et bien plus que, les univers plus sages ou plus mignons.

J’aime tous les genres du fantastique, mais les histoires étranges m’attirent davantage : les autres mondes, les fantômes, les esprits, les croyances qui s’accrochent à un village ou à une maison, les lieux dont on ne sait pas très bien s’ils sont réels ou non. Le jeu de rôle compte beaucoup pour moi. Il permet de s’évader, de vivre des aventures, de ressentir des choses et de faire des choix drôles, émouvants, difficiles ou parfois un peu philosophiques. Le Myrrharium est né de cette envie de proposer des scénarios, des idées, des cadres de jeu et des documents à donner aux joueurs, dans des ambiances horrifiques, étranges, oniriques, surnaturelles ou simplement un peu de travers. Et, si possible, avec un bon sandwich tenu hors de portée de Brume.